Accra, la capitale ghanéenne qui a porté l'indépendance de l'Afrique : Jamestown, Osu et l'âme Ga

5 septembre 2026 à 00:58 · Compte supprimé

Partager sur

Sur le golfe de Guinée, Accra ne se visite pas comme une capitale figée dans ses monuments : elle se vit au rythme de ses marchés, de ses quartiers de pêcheurs et de ses fresques murales. Capitale du Ghana, premier pays d'Afrique subsaharienne à avoir proclamé son indépendance d'une puissance coloniale, la ville porte encore les traces de son passé de comptoir commercial tout en affirmant une identité contemporaine résolument tournée vers l'art urbain et la culture Ga, peuple historique de la région. Voyager à Accra, c'est accepter de ralentir, de se perdre dans les ruelles de Jamestown et de laisser les habitants raconter leur ville mieux que n'importe quel guide.

Une capitale née du commerce et de la mémoire coloniale

Dès le XVIIe siècle, plusieurs puissances européennes installent leurs comptoirs le long de la côte : Néerlandais, Britanniques et Danois y bâtissent des forts qui deviendront le socle du futur centre urbain. C'est en 1877 qu'Accra devient officiellement capitale de la colonie britannique de la Gold Coast, en remplacement de Cape Coast. Mais la date qui résonne le plus fort dans la mémoire ghanéenne reste le 6 mars 1957 : ce jour-là, à Accra, le pays proclame son indépendance, ouvrant la voie à la décolonisation de l'Afrique subsaharienne. Cette histoire se lit encore aujourd'hui à l'Independence Square, aussi appelée Black Star Square, où se dressent l'Arche de l'Indépendance et le Monument du Soldat Inconnu, ainsi qu'au Kwame Nkrumah Memorial Park and Mausoleum, érigé sur le site même du discours du premier président ghanéen.

Jamestown, le cœur patrimonial de la ville

Impossible d'évoquer Accra sans s'attarder à Jamestown, le plus ancien quartier patrimonial de la capitale. Autour de l'ancien Fort James britannique et de son phare emblématique, les ruelles de ce quartier de pêcheurs racontent une histoire à la fois populaire et artistique : fresques murales colorées, pirogues tirées sur le sable, ateliers d'artistes voisinant avec les maisons des familles Ga installées ici depuis des générations. Non loin, le Fort Ussher, ancien comptoir néerlandais, a été reconverti en espace culturel et muséal selon les périodes. Des visites guidées à pied, souvent menées par de jeunes habitants du quartier, permettent de rencontrer pêcheurs et artistes tout en comprenant les enjeux de préservation de ce patrimoine vivant. Chaque année en août, le festival Chale Wote transforme les murs de Jamestown en galerie d'art urbain à ciel ouvert, mêlant peinture, performance et musique.

Osu et Makola, deux visages de la vie quotidienne

À l'opposé de l'atmosphère patrimoniale de Jamestown, le quartier d'Osu incarne l'énergie contemporaine d'Accra. Sa rue principale, surnommée localement « Oxford Street », concentre restaurants, bars et boutiques où cuisine ghanéenne traditionnelle et influences internationales se répondent jusque tard dans la nuit. Pour une immersion plus populaire, direction Accra Central et son marché de Makola, l'un des plus grands et des plus anciens marchés du pays : étals de produits alimentaires, tissus wax colorés et artisanat s'y côtoient dans une effervescence typiquement ouest-africaine. Il est recommandé de rester attentif à ses effets personnels dans l'affluence du marché, comme dans toute grande zone commerçante urbaine. Non loin du port, le Centre for National Culture rassemble sculptures en bois, tambours et kente, ce tissu traditionnel emblématique du Ghana, offrant une occasion idéale de ramener un souvenir authentique tout en soutenant l'artisanat local.

Le pouls culturel de la ville Ga

Au-delà des lieux, c'est la culture Ga qui donne à Accra son rythme profond. Le festival Homowo, dont le nom signifie littéralement « se moquer de la faim », en est l'expression la plus marquante : après une période d'interdiction de bruit, les festivités éclatent avec le partage du kpokpoi, un maïs fermenté servi avec une soupe de palmiste, offert aux ancêtres en signe de gratitude et de mémoire collective. Assister, même de loin, à ces célébrations permet de saisir combien la spiritualité et la communauté restent au centre de la vie accraïenne, bien au-delà des circuits touristiques classiques.

Gastronomie de rue et tables locales

La cuisine ghanéenne se déguste à Accra dans toute sa diversité : jollof rice parfumé, banku et fufu accompagnés de sauces relevées, kenkey fermenté ou encore red red, ce mélange savoureux de haricots et de plantains frits. Les échoppes de rue de Jamestown ou d'Osu offrent souvent l'expérience la plus authentique, tandis que les restaurants d'Osu permettent de retrouver ces classiques dans une ambiance plus soignée. Partager un repas avec un habitant, comme le veut l'esprit GOT A COUCH?, reste sans doute la meilleure façon de comprendre pourquoi la nourriture occupe une place si centrale dans la culture ghanéenne.

Excursions autour d'Accra

La capitale ghanéenne constitue aussi un excellent point de départ pour explorer les environs. À environ 30 minutes à l'ouest, le village de pêcheurs de Kokrobité et sa plage offrent une parenthèse plus paisible que la populaire Labadi Beach, très fréquentée le week-end pour sa musique live et son ambiance festive. À une heure de route au nord, dans les collines de l'Akwapim, le jardin botanique d'Aburi invite à une balade rafraîchissante loin de l'agitation urbaine. Pour les voyageurs disposant de plus de temps, une excursion vers Cape Coast et Elmina, à environ deux heures trente à trois heures de route, permet de visiter les forts et châteaux historiques liés au commerce transatlantique, souvent couplée à la découverte du parc national de Kakum et de son célèbre canopy walk. Plus lointaine, la région de la Volta et ses chutes de Wli complètent un itinéraire pour les curieux de nature.

Quand partir

Le climat d'Accra se découpe en deux saisons des pluies principales, d'avril à juin puis de septembre à octobre. La période de l'harmattan, entre décembre et février, est généralement considérée comme la plus confortable pour voyager : le ciel se voile alors d'une brume de poussière saharienne, mais les précipitations se font plus rares, rendant les balades en ville et les excursions plus agréables.

Conseils pratiques pour se déplacer et voyager sereinement

Accra ne dispose ni de métro ni de réseau de bus structuré à l'échelle occidentale : les déplacements se font principalement en taxi, via des applications de VTC comme Uber ou Bolt, largement utilisées et pratiques pour les visiteurs, ou en trotro, ces minibus partagés typiques mais moins évidents à appréhender sans habitude locale. Il est conseillé de vérifier les tarifs des applications avant de monter, les prix et la disponibilité pouvant varier. Côté formalités, le Ghana a fait évoluer ses règles d'entrée ces dernières années, avec un système d'autorisation électronique pour certains visiteurs : mieux vaut vérifier les conditions actuelles directement sur le site officiel du gouvernement ghanéen ou auprès de l'ambassade avant le départ. Enfin, comme pour toute destination, il est recommandé de consulter les conseils aux voyageurs officiels de son pays afin de voyager en toute connaissance de cause.

Accra ne se laisse pas résumer à une liste de monuments : elle se révèle dans les fresques de Jamestown, le brouhaha de Makola, la musique d'Osu et la mémoire d'un pays qui a ouvert la voie à l'indépendance africaine. Une capitale à hauteur d'habitant, où chaque quartier raconte une facette différente du Ghana contemporain.

Commentaires (2)

Connectez-vous pour laisser un commentaire.

Layadi FD6 sept. 2026

@Fahd Boujadi @Ismail Taouragt comment vous trouvez mes articles?

Fahd Boujadi10 sept. 2026

Oui j ai deja vu

Voir la page destination de Accra